Le stress au travail : une voie complémentaire ?

27oct09

On parle malheureusement beaucoup de stress au travail dans un contexte inquiétant de vagues de suicides

L’ensemble des partenaires sociaux se sont mis d’accord sur la définition suivante :

Un état de stress survient lorsqu’il y a un déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes imposées par son environnement et sa perception des ressources pour y faire face”.

La voie sur laquelle les entreprises s’engagent est-elle appropriée ? suffisante ?

D’abord le terme de perception est essentiel : il renvoie au fait que nous percevons tous la réalité de façon différente, en fonction de ce qu’on appelle souvent notre “cadre de référence”. Et oui, pour ceux qui n’en ont pas encore pris conscience, sachez que vous ne voyez pas la réalité telle qu’elle est mais à travers ce “filtre” qui fait que vous construisez votre propre perception, différente de celle du voisin.

On comprend bien cela avec le stress au travail : alors que deux personnes ont le même métier, le même patron, les mêmes horaires, l’une ressentira du stress et l’autre pas. L’esquimau n’aura pas froid à 5 °, l’éthiopien sera congelé, pourtant c’est la même température. Qui a raison ? Tout le monde ! On ne peut donc pas dire que la situation est stressante, mais que l’une de deux personnes vit du stress. C’est différent et très bien retranscrit dans cette définition du stress au travail.

Les partenaires sociaux vont s’entendre pour rendre l’environnement “moins stressant” (je met les guillemets car on vient de dire qu’une situation n’est pas, intrinsèquement, stressante, mais passons sur le purisme de langage). C’est bien et sûrement nécessaire.

Ne pourrait-on aussi questionner les perceptions ? Plus exactement agir sur les “filtres” qui font que certains verront les contraintes comme immenses, et les ressources comme minuscules ?

Cela nécessite des managers ayant la compétence  pour mieux décoder les filtres de leur collaborateurs et, bien sûr, ce n’est pas évident.

Accepter sans le négocier qu’une situation qui me semble anodine apparaisse angoissante pour mon collaborateur, et dès lors me pencher avec lui sur deux questions : qu’est ce qui fait qu’il perçoit des contraintes qui n’existe pas ? qu’est ce qui fait qu’il ne voit pas toutes les ressources dont il dispose ?

Ce n’est certes pas la panacée, mais ne laissons pas de côté la puissance des filtres : ils peuvent être bigrement déformants !



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