Le 1er ministre s’est adressé à la promotion des X en les engageant à jouer collectif :
Le jour venu soyez des dirigeants éclairés et ouverts. Ne cherchez pas à vous entourer uniquement des gens qui vous ressemblent. La diversité des points de vue, des cultures, des tempéraments est une richesse pour toutes les organisations dans lesquelles vous serez amenés à exercer vos talents … La sélection n’est pas une fin en soi … Votre gloire sera celle de la réussite collective.
Selon l’article, cette remarque « a fait mouche ». Mais pourquoi donc a-t-elle fait mouche ?
Lire l’extrait de l’article en bas de page.
Évidement je n’étais pas au milieu de cette assemblée et donc je ne peux que faire des hypothèses sur pourquoi « ça a fait mouche ».
A quoi est formé un Polytechnicien ? Sur le site de l’école Polytechnique, dans le rubrique « Missions » on peut lire :
L’École Polytechnique a pour mission de former des hommes et des femmes capables de concevoir et de mener des activités complexes et innovantes au plus haut niveau mondial, en s’appuyant sur une culture à dominante scientifique d’une étendue, d’une profondeur et d’un niveau exceptionnels, ainsi que sur une forte capacité de travail et d’animation.
Esprits brillants qui savent « concevoir et mener » en s’appuyant sur « une culture à dominante scientifique ».
Là où « ça fait mouche » c’est que dans la complexité de l’entreprise d’aujourd’hui il faut surtout savoir : associer, partager, embarquer, fédérer. Y sont-ils suffisamment bien préparés ?
Un exemple pour illustrer le risque du « concevoir et mener » dans un environnement hyper complexe : le syndrôme que j’appelle « Monsieur Plus ». Quand l’entreprise se trouve face à une difficulté, la tendance du « concepteur / meneur » brillant est de se dire qu’il manque quelquechose. Qu’il faut imaginer une « solution ». Réflexe mécaniste (tout problème a une cause qu’il suffit d’identifier et résoudre) qui pousse à un empillement de procédures, process, organisations, matrices, reporting, comités, … Dans lesquels tout le monde se perd, sauf ceux qui les ont conçus !
Et encore, comme chaque nouveauté vient s’ajouter à un millefeuille existant – que des dirigeants récemment arrivés ne peuvent bien sûr pas connaître – et bien personne ne maîtrise l’engin ! Sorte de « golem d’organisation » qui avance de lui même. Mais qui se soucie de l’utilisation réelle du temps de l’individu sur le terrain ? De sa capacité à comprendre et faire tout ce qu’on attend de lui ? De la pertinence de l’équilibre entre faire son métier et en rendre compte ?
Il s’agit moins de concevoir et mener que de clarifier (« désencombrer ») et fédérer.

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